Jeudi 11 janvier 2007

Le Figaro littéraire publie aujourd'hui la liste des dix auteurs de langue française ayant vendu le plus de livres en 2006, résultat d’une enquête réalisée en collaboration avec le cabinet d’études GfK.

Bilan :

1. Marc Levy – 1 723 000

2. Fred Vargas – 960 000

3. Bernard Werber – 830 000

4. Anna Gavalda – 824 000

5. Amélie Nothomb – 792 000

6. Guillaume Musso – 756 000

7. Eric-Emmanuel Schmitt – 591 000

8. Jonathan Littell – 504 000

9. Christian Jacq – 407 000

10. Maxime Chattam – 403 000

Quelques remarques…

Sans surprise, Marc Levy occupe donc la tête du classement, et pèse à lui seul le double de la numéro 2, Fred Vargas, en nombre d’exemplaires vendus. Certes sans surprise, mais tout de même étonnant : le hold-up qu’il réalise tous les ans dans les librairies française méritera un jour d’être analysé en profondeur. (Si possible en faisant abstraction des passions qu’il réveille chez certains, façon : "C’est un pur génie qui écrit comme personne…", ou à l’inverse : "Pouah ! Cachez cet auteur populaire que je ne saurais voir !")

Ce qui est tout de même frappant, c’est l’aspect relativement hétéroclite de cette liste. Les Levy et Musso y côtoie des auteurs davantage spécialisés (Vargas et Chattam font dans le policier, Jacq généralement dans l’égyptologie), un dramaturge-philosophe-essayiste-scénariste à la très forte cote de popularité (Schmitt), des écrivains bénéficiant d’un véritable fan club (on serait parfois tenté de parler de secte, tant la ferveur qui entoure Werber et Nothomb est constante au fil des ans) et… deux petits "ovnis" : Littell et Gavalda.

Le premier s’est imposé lors de la rentrée littéraire (soit fin août !) avec un roman dense et dérangeant : Les Bienveillantes, gagnant simultanément les suffrages du public et de la critique, puisqu’il a remporté le Prix Goncourt et le Grand Prix du roman de l’Académie française. La seconde n’a rien publié, mais a su installer une forte curiosité autour de ses histoires tendre et loufoques.

 

Du papier à la toile

En 2007, la plupart de ces écrivains devraient encore faire parler d’eux, mais de façon différente, puisque le cinéma s’est emparé de certains de leurs succès, et quelques uns se sont lancés eux-mêmes à l’assaut des salles ! Ainsi, Marc Levy, Bernard Werber et Eric-Emmanuel Scmitt feront leurs premiers pas en tant que réalisateurs (respectivement avec Mes amis, mes amours, Nos amis les terriens et Odette Toulemonde), tandis que Régis Wargnier adapte Pars vite et reviens tard, de Fred Vargas, et Claude Berri Ensemble, c’est tout, d’Anna Gavalda.

Petit jeu : le succès littéraire est-il convertible en nombre d'entrées en salles ? Réponse bientôt.

 

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Mardi 2 janvier 2007

 

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Lundi 25 décembre 2006
 


Michael Lonsdale, 75 ans, est une figure familière mais discrète de la scène et des écrans. Anglais par son père, Français par la langue, il semble pren- dre un malin plaisir à se trouver sans cesse là où on ne l’attend pas. Rencontre avec un comédien inclas- sable. 

 


Depuis combien de temps l’enfant qui vit ici n’a-t-il pas rangé sa chambre ? Dans son appartement, les livres, les peintures, les lettres et une foule d’objets sont empilés un peu partout. De son propre aveu, il est incapable de se décider à jeter, il "thésaurise".

L’endroit évoque davantage un atelier qu’un lieu de vie. Car Michael Lonsdale peint, comme en témoignent les grandes fleurs multicolores qui dépassent des cartons. À côté de son métier d’interprète, c’est son espace de création, son "domaine secret", son "monastère". Quand il est trop occupé, ses pinceaux lui manquent. "Parfois, en peignant, c’est comme si j’étais dans une plénitude. Je m’arrête et je reste en contemplation devant quelque chose qu’on ne peut pas nommer…"

Derrière ses sourcils en broussaille et sa barbe, de sa voix si particulière, il laisse échapper un petit rire. Le comédien – ou peut-être est-ce le peintre, à ce moment-là ? – se lève pour aller admirer le coucher du soleil : "Venez voir ça, c’est fabuleux." Le regard qu’il porte sur les choses est à la fois émerveillé et facétieux. Il s’amuse d’un rien, raconte qu’un homme l’a un jour interpellé dans le métro : "Vous ici ? Bah, ça alors ! je croyais que vous aviez une Rolls avec chauffeur !" Michael Lonsdale a oublié de se prendre au sérieux. Sans doute laisse-t-il cela aux grandes personnes.

 

"C’est le jeu qui continue…"

Enfant, il ne s’arrêtait jamais de jouer. Il construisait dans sa chambre de grands bateaux qu’il remplissait de petits soldats, il se racontait des histoires. À l’heure des repas, il fallait que son père vienne le chercher pour le faire descendre : "Now, we’re having lunch !" Il ajoute en riant : "Je me bâfrais le plus vite possible et je demandais : ‘Bon, je peux aller jouer ?’" Ce goût, il l’a gardé. L’emploi du verbe "jouer" pour parler de la comédie n’est peut-être pas pour rien dans sa vocation… "Je me suis dit : c’est le jeu qui continue. Vous savez, j’ai pu assez bien assumer mon rêve d’enfant. Je crois que j’ai toujours rêvé de rencontrer quelqu’un… et ce quelqu’un, c’était moi-même !"

Mais le jeu a aussi permis à l’enfant Michael Lonsdale de s’extérioriser, de surmonter sa très grande timidité. "Je n’osais pas parler aux gens, reconnaît-il, j’étais très, très inhibé." Il a conservé cette légère distance qui fait parfois dire de lui qu’il est "intimidant", qualificatif qui l’a toujours beaucoup étonné : "On dit que les timides sont intimidants, mais tout de même ! Je ne suis pas quelqu’un qui fait peur !"

 

Singuliers pluriels

Tour à tour Michel, Michaël, Michael, l’acteur mène une carrière à l’image de son prénom : multiple et fluctuante. Il n’aime rien tant que l’aventure, la découverte, l’imprévu… Bien malin qui pourrait l’enfermer dans un type de rôles, tant il passe avec aisance d’un registre à l’autre. "J’aime bien être là où l’on se s’attend pas à me voir : faire l’acteur intellectuel, Rive gauche, et puis tout à coup jouer dans un James Bond !"

Il a toujours pris garde à ne pas se laisser enfermer dans un "emploi". Une remarque d’un chauffeur de taxi l’a un jour décidé à ne plus accepter les personnages de méchants – Vox populi… Son rôle dans Moonraker (Lewis Gilbert) a marqué les esprits, mais avait-il une prédilection pour les "mauvais" ? "Non, mais ils font partie du monde, alors autant les jouer pas trop mal." L’une de ses amies confirme : "Sans les rechercher, il n’est pas gêné par les rôles déplaisants. Pour lui, même dans le pire salaud, il y a une part de bonté."

Les rôles de prêtres ont également bien failli lui coller à la peau. "J’ai fait toute la hiérarchie ! dit-il, amusé. Après, il faut se méfier, parce que certains ont tendance à se dire : ‘Les religieux, on les confie à Lonsdale, il fera ça très bien !’"

S’il pèse ses mots quand il parle de lui-même, sa parole semble se libérer chaque fois qu’il évoque les personnes qui ont compté dans sa vie. La conversation est peuplée de "personnages". On voit surgir des artistes, telle Tania Balachova, son professeur de théâtre : "Elle a changé ma vie… Elle m’a permis de sortir de moi-même." D’autres, comme Marguerite Duras et Samuel Beckett, ont eu une grande influence sur lui. Il vante aussi le talent de certains jeunes metteurs en scène, ou de l’acteur Mathieu Amalric, avec qui il vient de tourner un film : "Une bonne rencontre. Épatant !" Sur certaines figures religieuses, il est intarissable : le père Maurice Zundel ("un extraordinaire génie"), saint Séraphin de Sarov ("C’est la lumière de la Russie, cet homme-là !"), "la petite Thérèse de Lisieux"… Michael Lonsdale passe de l’un à l’autre, non pas pour se dérober, mais avec un enthousiasme et une spontanéité évidents. Comme si parler de lui-même, c’était d’abord parler des autres.

 

Il était une foi…

Son attrait pour les hommes de foi et les écrits spirituels est enraciné dans la religion catholique. Baptisé à 22 ans, il a fait dans les années 1980 la rencontre du Renouveau charismatique qui l’a profondément marqué. "Je venais de perdre quatre ou cinq membres de ma famille, j’étais comme un arbre dont on avait coupé les branches. J’ai crié vers Dieu : ‘Sauve-moi, je ne veux plus vivre !’ Mon parrain m’a emmené dans un groupe de prière, et là, j’ai senti que je respirais…" Depuis, il parle de sa foi avec facilité. Certaines personnes lui ont même reproché de trop le faire, mais qu’importe : "Il faut le dire…"

Est-ce de là que lui vient son intérêt pour l’être humain, qui lui fait dire que "chaque personne est un trésor inestimable" ? Il cite volontiers la pureté du cœur comme qualité qu’il apprécie le plus. "C’est quelqu’un de profondément humble, déclare Jean-Marc Morin, qui l’a connu dans une assemblée charismatique. Il n’a pas une présence écrasante, au contraire : on a l’impression de s’élever, quand on est avec lui." Peut-être parce que la vérité sort de la bouche des enfants…

 (Photo : Richard Dumas.)

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Mercredi 20 décembre 2006

Tandis que le créateur est mis à l’honneur dans une exposition au Centre Pompidou, à Paris, que devient la créature ? À la librairie Album, boulevard Saint-Germain, il faut s’aventurer jusqu’au fond du sous-sol pour trouver le reporter globe-trotter. Au rez-de-chaussée et en vitrine, seuls les produits dérivés – dont la Fondation Moulinsart détient les droits – sont mis en avant, à l’image de la célèbre fusée rouge et blanche, dont le modèle de 17 cm (vendu 40 euros) est un grand classique des fêtes de fin d’année.

"Tintin est évidemment un gros morceau, constate Noël Esnault, vendeur dans le rayon "Bande dessinée franco-belge", mais nos plus gros clients sont des touristes. Les Japonais et les Américains aiment bien rapporter un album comme souvenir, encore plus qu’Astérix." En moyenne, il écoule cinq titres par mois, avec une légère hausse en décembre. "Le phénomène propre à Tintin, c’est que les figurines marchent toujours bien, ainsi que les tirages limités – coffrets, éditions de luxe – et toute la littérature autour de l’œuvre d’Hergé." Aucune série, aucun dessinateur n’ont en effet été autant explorés et analysés. Mais l’essentiel des ventes concerne Tintin, pas les autres personnages créés par l’auteur, ajoute Noël Esnault : "Des séries comme Quick & Flupke ou Jo, Zette et Jocko restent très, très confidentielles…" À l’heure où la bande dessinée occupe les premières places en librairie, le petit reporter belge reste un classique. Un géant qui domine l’œuvre d’Hergé.

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Mercredi 20 décembre 2006

Aujourd’hui sort dans les salles Le héros de la famille, deuxième film de Thierry Klifa, ancien journaliste du mensuel Studio. L’occasion de s’intéresser à ces critiques qui deviennent réalisateurs. 

 

Quel est le point commun entre François Truffaut, Olivier Assayas, Eric Rohmer, Thierry Klifa, Christophe Gans, Marc Esposito et Bernard Rapp ? Ils ont tous été critiques de cinéma avant de passer à la réalisation.

Comme le souligne Jean-Pierre Lavoignat, ancien directeur de la rédaction de Studio, les journalistes ont un point commun majeur avec les cinéastes : leur "amour du cinéma, au sens le plus fort". Comment explique-t-il que de nombreux anciens du mensuel, comme Marc Esposito, Laurent Tirard ou Thierry Klifa, aient franchi le cap de la réalisation ? "Je pense qu’ils en avaient envie depuis longtemps, mais c’était un désir confus. En tant que journalistes, ils se sont frotté à la réalité du terrain, ils ont vu les cinéastes qu’ils aiment à l’œuvre… Mais au bout d’un moment, parler de cinéma n’était plus suffisant." Emmanuel Burdeau, rédacteur en chef des Cahiers du cinéma, va plus loin : "En passant derrière la caméra, leur passion se prolonge, ou plutôt se réalise."

"Comme une méfiance"

Au-delà de la chance d’avoir pu observer le cinéma en développant une réelle connaissance du milieu, les nouveaux réalisateurs ne profitent guère d’éventuels avantages liés à leur ancienne position. Au contraire, certains inconvénients peuvent leur compliquer la tâche. "Imaginez qu’un critique ait envie d’engager un comédien dont il a descendu le dernier film. Il est évident que ce sera difficile !" admet Alain Grasset, journaliste au Parisien. "Mais il ne faut pas exagérer ce type de situation, ajoute Jean-Pierre Lavoignat. C’est assez rare. À Studio, nous sommes avant tout des journalistes de cinéma ; la critique n’occupe que 10% du journal." L’exemple du Héros de la famille, de Thierry Klifa, qui déploie une affiche impressionnante (Catherine Deneuve, Gérard Lanvin, Emmanuelle Béart, Miou-Miou, Claude Brasseur), laisse supposer que le carnet d’adresses du journaliste a tout de même son utilité… L’habitude des " arcanes " du métier reste un atout de taille, et les projets ont plus de poids que le nom de ceux qui les portent, puisque pour le milieu du cinéma, ils sont avant tout des "débutants".

La véritable difficulté, pour un transfuge de la critique, se situe au moment de la sortie du film. Car se faire accepter par la presse n’est pas toujours facile. "Il y a comme une méfiance, déclare Jean-Pierre Lavoignat. Certains ont tendance à considérer qu’ils ne sont pas à leur place." Jalousie ou soupçon de "copinage" ? Emmanuel Burdeau écarte cette seconde supposition : "On a évidemment une attention particulière pour le film d’un ami, mais l’amitié n’empêche pas d’être sévère". De toute façon, en matière de goût, l’objectivité n’existe pas. L’art du critique, c’est de rester réaliste.

 

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Samedi 16 décembre 2006

Au moment où Paris renoue avec le tramway grâce à la toute nouvelle ligne des Maréchaux, Montpellier ouvre sa seconde ligne. La double inauguration d’aujourd’hui est un vrai symbole pour ce moyen de transport tombé en disgrâce à la fin des années 1950, quand de nombreuses lignes ont été démantelées.

Grenoble, en 1984, et Nantes, en 1985, ont été les pionnières de cette résurrection. Depuis, toutes les grandes villes veulent leur tram ; des projets sont partout sur les rails. En 2006, des lignes ont été inaugurées à Clermont-Ferrand, Mulhouse ou encore Valenciennes. À Montpellier, Grenoble et Lyon, de nouvelles lignes ont ouvert, tandis que des prolongements ont été effectués à Nantes, Bordeaux et Strasbourg. Et le mouvement va aller en s’amplifiant, car des tramways fleuriront encore en 2007 à Nice, Marseille et Le Mans. Des projets sont également en bonne voie pour Toulouse, Reims, Brest, Toulon, Angers, Douai…

Ce mode de transport, plus rapide que le bus et environ quatre fois moins cher à installer que le métro, fait donc l’objet d’un véritable engouement, avec certes des succès mitigés selon les villes. S’il existe à l’heure actuelle 200 km de voies en France, 160 km supplémentaires verront le jour avant la fin de l’année prochaine. Une nouvelle révolution ferroviaire, en somme.

(Photo : Mairie de Paris.)

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Mercredi 13 décembre 2006

La Sorbonne a décidé de relancer sa carrière cinématographique. Si, jusqu’ici, elle n’accueillait que cinq ou six tournages par an, le rectorat de Paris devrait à l’avenir se montrer "moins regardant" sur les projets, selon Nicolas Boudot, chargé de la communication. Ce choix a été fait afin de rééquilibrer le budget, mis à mal par les réparations nécessaires après les occupations liées à la crise du CPE, en février 2006.

Le montant des travaux s’élevait à 800.000 euros, répartis sur les universités Paris I, III, IV et V, l’Ecole pratique des Hautes études et l’Ecole des Chartes. "Il n’a jamais été question que l’Etat mette à disposition une dotation supplémentaire, souligne Nicolas Boudot, alors il a bien fallu trouver une idée pour rembourser cette somme, sachant que cela restera insuffisant." Aujourd’hui, la location d’une salle de la Sorbonne rapporte en moyenne 2.200 euros par jour.

Bien que le rectorat n’exclue désormais plus d’accueillir, par exemple, un film d’horreur, les tournages acceptés concerneront encore des projets de films et de téléfilms "sérieux". La Sorbonne, qui a, ces dernières années, accueilli essentiellement de grosse productions comme 36, quai des Orfèvres, Les brigades du Tigre ou encore La Panthère rose, devrait voir davantage de fictions télévisées s’installer dans ses murs. Elle compte rouvrir ses portes aux défilés de mode, qu’elle refusait depuis 1997 car ils s’étalaient trop dans le temps. "Aujourd’hui, nous sommes prêts à rogner sur les week-ends, ce que nous nous refusions à faire auparavant." Et l’ouverture nouvelle ne s’arrête pas là : "Vous serez sans doute surpris, confie en riant Nicolas Boudot, mais nous avons même accueilli le tournage d’un clip de rap début décembre !"

Seule condition pour que la Sorbonne reçoive des sociétés privées dans ses murs : qu’aucune manifestation universitaire ne soit prévue à ce moment-là et que les cours ne soient pas perturbés.

Une question demeure pourtant : une fois les dommages dus à l’occupation par les militants anti-CPE remboursés, le rectorat redeviendra-t-il plus sélectif ? "Vous savez, en voyant les revenus que cette souplesse nouvelle va nous apporter, cela deviendra vite quelque chose de normal." La prestigieuse université parisienne a donc une belle carrière devant elle.

 

(Photos : Sorbonne.)

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Mardi 12 décembre 2006

Le Conseil municipal de la ville de Paris a donné le feu vert à l’implantation de la "Fondation Louis-Vuitton pour la création" au jardin d’Acclimation, à la lisière du bois de Boulogne.

 

Difficile de dire qui de Paris ou de Bernard Arnault (le PDG du groupe LVMH) se réjouit le plus... Le projet de fondation d'art contemporain destinée à accueillir les collections privées de l'homme d'affaires a été adopté à une large majorité par le Conseil de Paris. Certes, beaucoup d'élus, à commencer par le maire Bertrand Delanoë (PS), étaient absents au moment du vote, mais tous se sont accordé pour saluer un "beau projet" et une "oeuvre architechturale majeure".

Dessiné par Franck Gehry, célèbre pour la conception du musée Guggenheim de Bilbao (Espagne), le bâtiment, qui occupera une surface au sol de 6000 m², a été créé pour s'intégrer harmonieusement au décor du jardin d'Acclimatation.

Seul le groupe des Verts s'est abstenu au moment du vote, sous la conduite de Jean-François Blet qui aurait souhaité qu'un tel projet soit implanté à l'Est de Paris, dans le XIXe arrondissement, à l'emplacement des entrepôts MacDonald. "Pourquoi cacher ce beau nuage de verre dans le bois de Boulogne, à proximité de Neuilly-la-Nantie ?" s’est-il interrogé. "On ne laisse pas le choix aux Parisiens."

 

Victoire dans une rivalité de mécènes

Un tel projet, et la quasi-unanimité qu'il provoque, rappelle évidemment l'échec d'un autre grand projet de fondation d'art contemporain : celui que François Pinault avait pour l'île Seguin. Le dénouement malheureux de l'affaire - le riche mécène ayant finalement décidé de placer ses collections à Venise - était nécessairement dans tous les esprits au moment du vote, avec l'envie de ne pas laisser passer un autre monument d'exception.

Nul doute également que Bernard Arnault appréciera d'avoir réussi là où François Pinault a, en quelque sorte, échoué, lui qui déclarait récemment, dans une formule assez immodeste : "Je veux laisser une trace, une empreinte comme la Tour Eiffel". Avec le feu vert donné à sa Fondation, il semble que cela devienne possible.

 (Photo : Didier Ghislain/2006.)

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Mercredi 6 décembre 2006

Cette année, pour les étrennes, les éboueurs de la capitale sont privés de tournée... La mairie de Paris a rappelé mercredi 6 décembre 2006 dans un communiqué que "tous les agents municipaux ont la stricte interdiction, par arrêté préfectoral, de requérir quelque gratification que ce soit, sous peine de sanction disciplinaire".

Cet avertissement, qui s'appuie sur un texte publié le 2 décembre 1955 au Bulletin municipal officiel de la ville de Paris, "vaut également pour les employés des sociétés privées assurant la collecte des déchets pour le compte de la ville", précise le communiqué.

La mairie conseille donc d'éconduire toute personne venant demander des étrennes en se réclamant des services municipaux. Une affiche (téléchargeable sur environnement.paris.fr) est également mise à la disposition des syndics d'immeubles parisiens.

 

Mais a-t-on pensé à toutes ces personnes qui seront perdues, en 2007, sans leur calendrier ? Ce sont les pompiers qui vont se réjouir.

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Jeudi 30 novembre 2006

La presse française vue par un écrivain américain, pourtant réputé "franco-phile"… Dans l’édition du Monde des Livres datée du 17 novembre 2006, Jonathan Littell, Grand Prix du roman de l’Académie française et Prix Goncourt pour Les Bienveillantes (Gallimard), déclarait :

"J'ai été sidéré par la capacité d'invention des journalistes français. J'ai découvert plein de choses sur moi. […] Étonnant. Il suffisait pourtant de taper mon nom sur Google !"

 

Quelques remarques, presque comme elles viennent :

  • Il y a toujours du bon dans la critique : elle est, au moins, le signe visible de l’exigence que l’on a envers une personne ou une profession. De ce point de vue, la presse française devrait être flattée.

       

  • Y a-t-il davantage de cancres qu’ailleurs parmi les journalistes de ce pays ? Il semble que l’attraction de la copie du voisin soit trop forte pour certains… D’un autre côté, on sait bien que cela n’arrive qu’aux autres !

       

  • Les erreurs constatées sont-elles le fruit d’une véritable paresse, d’une mauvaise compréhension des sources ou d’une volonté de modifier certains épisodes de la vie de l’auteur pour donner plus de saveur à des articles ?

       

  • Google ? Mon Dieu, mais faites-le taire ! Pourquoi donner des idées aux plus paresseux d’entre nous ?

       

  • Si les portraits fantaisistes ont été publiés, il faut craindre que tout un chacun ne tombe dessus assez rapidement en furetant sur Internet.

       

  • Au fait, dans combien de pays le roman de Jonathan Littell est-il paru ? Voilà peut-être un espoir de "sauver l’honneur" : qui sait si l’écrivain n’aura pas quelques surprises en découvrant son portrait dans la presse étrangère… Maigre consolation, tout de même.

       

  • Un petit rappel déontologique ne fait jamais de mal. (Penser à y penser.)

(Photo : AFP / C. Helie.)

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