Le plus célèbre des espions est de retour, sous les traits de Daniel Craig. Sa mission : donner un nouveau souffle à une franchise lucrative mais usée jusqu’à la corde. Une vraie réussite.
La formule de "nouveau James Bond" n’aura jamais été aussi juste. Dans Casino Royale, l’agent 007 ne revient pas, il renaît.
L’intrigue oppose Bond au Chiffre, sorte de banquier pour terroristes condamné à gagner une partie de poker à haut risque pour récupérer l’argent perdu lors d’une "malheureuse" opération boursière. Curieuse mission, a priori, pour l’agent de Sa Majesté : en battant Le Chiffre au Casino Royale, il pourra forcer celui-ci à révéler ce qu’il sait des organisations pour lesquelles il travaille, en échange de la protection du MI6. Bien entendu, quelques rebondissements sont à prévoir…
Tout reprendre à "00"...
En adaptant la première aventure écrite par Ian Fleming en 1953, Martin Campbell, aidé des scénaristes Neal Purvis, Robert Wade et Paul Haggis, réussit ce qui aurait semblé impensable il y a quatre ans, au moment de la sortie du dernier épisode, Meurs un autre jour : innover et surprendre. Le film met en scène l’agent secret à ses débuts, alors qu’il vient de recevoir le matricule "double-zéro", soit son permis de tuer. L’occasion de montrer comment le James Bond d’alors – violent, arrogant et impulsif – est devenu celui que le monde entier connaît.
Autre avantage d’un tel argument : une bonne partie des références-clés de la saga sont très intelligemment réinventées. A commencer par la séquence du "gunbarrel", qui ouvre traditionnellement les aventures de l’espion, ici introduite de façon ingénieuse. L’Aston Martin DB5 ou encore le vodka-martini (au shaker ou à la cuiller, à votre avis ?) sont aussi de la partie, oscillant entre le clin d’œil et la remotivation pure et simple. Et la fameuse réplique, celle qui introduisit Sean Connery dans Dr. No et fut reprise ensuite dans chaque film ? Martin Campbell s’offre le luxe d’en proposer la version la plus intense (et jubilatoire) depuis… eh bien, depuis Dr. No, justement !
Film d’acteurs plus que film d’action ?
Mais la plus grande réussite du film n’a rien d’une prouesse scénaristique, ou même technique : il s’agit certainement du choix des comédiens. Daniel Craig, loin de l’élégante désinvolture affichée par ses prédécesseurs, ramène le personnage d’un improbable statut de super-héros à celui, indiscutable, de héros. Tout court. Et le résultat est beaucoup plus impressionnant. Il n’est pas James Bond : il le devient peu à peu, par petites touches, avec l’aide d’Eva Green, fascinante dans le rôle de Vesper Lynd – autre excellente surprise du film, que cette "James Bond girl" piquante, touchante, forte et profonde. Dans le rôle du méchant, Mads Mikkelsen ne démérite pas, parvenant à faire sentir le mélange d’assurance, de peur (il risque tout de même d’être tué s’il ne récupère pas l’argent perdu) et de perversité de son personnage.
Le choix de comédiens solides présente un autre avantage : celui de rendre la tension palpable au fil des dialogues, parfois plus encore qu’au milieu des scènes d’action. A ce titre, la partie de poker au Casino Royale est un sommet de suspense, rappelant par son intensité silencieuse les meilleurs instants de la partie de golf dans Goldfinger. D’autres moments marquants parsèment le film, à l’image de la scène de la douche, déchirante, ou de celle de torture, difficilement soutenable. Autant de passages qui donnent à ce vingt-et-unième épisode de la série une saveur unique.
L’après Brosnan bien négocié
Plus sombre, plus dur, plus complexe, mais aussi plus tendre que les précédents, Casino Royale donne à James Bond le visage humain qui lui manquait jusqu’à présent. Dire que beaucoup ont protesté contre le choix de Daniel Craig ! En comparaison, l’interprétation du très populaire Pierce Brosnan fait pâle figure : trop lisse, trop irréel et desservi par des plaisanteries poussives… On comprend aisément que l’acteur n’ait guère apprécié de devoir rendre son smoking et d’être écarté de la distribution du film, dont le scénario et la réalisation sont en tous points supérieurs aux quatre films qu’il a lui-même tournés. Avec Casino Royale, c’est peut-être tout simplement le rôle de sa carrière qui lui a échappé. Ironie du sort, le personnage s’appelle Bond. James Bond.
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Donc, le comédien Philippe Noiret nous a quittés. La nouvelle s'est répandue, les journaux en ont fait leurs titres, un vent d'hommages s'est soudain levé sur la France. Un vent tout à fait justifié, certes, mais comme toujours quelques rafales de superlatifs ont insufflé à l’ensemble un soupçon d’artifice. Inutile de le regretter : c’est le sort réservé à tous nos prestigieux disparus.
"Beaucoup nous contactent pour nous signaler des personnes dans la rue, constate Thomas, agent de police dans un commissariat de quartier. Nous leur disons de contacter le 115, mais nous pouvons aussi envoyer la BAPSA (Brigade d'Assistance aux Personnes Sans-Abri). Nous avons nos propres centres d'hébergement. Pour les cas les plus préoccupants, il y a aussi l'hôpital." Le Samu social n'est pas encore devenu un vrai réflexe.
Par rapport au rythme d'hiver, le centre marche au ralenti. La rotation des lits est moins importante, les prises en charge plus longues. Ce qui permet d'augmenter la dimension relationnelle et sociale en aidant les patients pour des problèmes administratifs, par exemple. "Nous avons six lits vides sur 75, précise Blandine. C'est beaucoup, mais ça permet aussi d'apporter des soins différents."
Une salle des pas perdus paisible a de quoi étonner. C’est pourtant le spectacle qui s'offre aujourd'hui aux voyageurs égarés dans le vaste hall de la gare du Nord, à Paris. Eparpillés de-ci, de-là, parfois regroupés à deux ou trois autour de points de chauffage, les rares usagers à s’être déplacés semblent prendre leur mal en patience, la mine tout de même un peu lasse. Il est vrai qu’Internet permet aujourd’hui de mieux anticiper les mouvements sociaux.


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