Lundi 18 juin 2007

Ils font presque de l'ombre aux résultats des élections législatives.

Hier soir, la droite a donc remporté la majorité absolue à l'Assemblée. Mais la gauche a réussi à résister en empêchant cette fameuse "vague bleue" qu'on nous promettait. Du coup, on a pu croire que tout le monde avait gagné... Tout le monde ? non, car il y a bien eu deux grands perdants.

 

D'abord, Alain Juppé. En n'étant pas élu député de sa circonscription, il se trouve contraint de démissionner de ce ministère aux compétences très élargies que Nicolas Sarkozy et François Fillon lui avaient confié. Cette défaite remet également en cause son retour en politique, qui semblait éclatant il y a un mois à peine. Certes, la mairie de Bordeaux est loin d'être un poste anecdotique, mais quel avenir gouvernemental pourrait-il avoir ?

L'ancien premier ministre doit certainement être bien amer, aujourd'hui. Il est la première victime de la "TVA sociale", ce projet confus qui a été si bien exploité par la gauche. Car si la droite est - un peu - sanctionnée de son refus de communiquer sur le sujet, et donc de le clarifier (j'en ai été témoin), Alain Juppé est, lui, directement victime de la mémoire des électeurs. En 1995, en effet, peu après sa nomination à Matignon, il rehaussait la TVA de deux points (la portant de 18,6% à 20,6% - Lionel Jospin l'a entre temps ramenée à 19,6%) et entraînait une augmentation des prix...

 

L'autre victime de ces élections n'est autre que François Hollande. Si les socialistes s'en sortent bien mieux qu'ils n'osaient même l'espérer, le premier secrétaire du parti est en bien mauvaise posture. Il était clair depuis quelque temps qu'il allait payer la défaite de Ségolène Royal à la présidentielle (il avait d'ailleurs annoncé qu'il ne se représenterait pas à la tête du PS)... mais depuis hier soir, l'ancienne candidate est devenue officiellement sa rivale.

En annonçant leur séparation (un secret de Polichinelle, bien sûr, mais cette annonce en pleine soirée électorale est un symbole très fort), celle qui a été pendant trente ans sa compagne l'a donc lâché. Et elle se lance désormais le plus officiellement du monde dans la course à sa succession.

 

Alain Juppé, François Hollande ; deux sacrifiés de ce second tour des législatives. Pas de lien logique entre ces deux revers, simplement un rapport temporel. Même coup dur...

 

par Aymeric publié dans : A plus d'un titre 1.0
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Vendredi 15 juin 2007

Ce matin, rue de Solférino à Paris (oui, au siège du Parti socialiste), se tenait le point presse quotidien. Ce qui n'a pas attiré les foules. Stéphane Pocrain, qui devait pourtant parler, n'est même pas venu - laissant Benoît Hamon, député européen et porte-parole de campagne, se débrouiller seul.

 

A l'ordre du jour (entre autres) : une protestation contre l'attitude médiatiquement répréhensible et écologiquement très douteuse du Premier ministre François Fillon et du "super-ministre" de l'Ecologie Alain Juppé. Benoît Hamon s'est en effet indigné que, pour inaugurer le TGV Est-Européen, et vanter au passage les avantages du train sur l'avion en matière de protection de l'environnement, les deux premiers numéros du gournement n'aient "rien trouvé de mieux" que de se rendre à Nancy... en Falcon !

Pendant de temps-là et pour ne rien arranger, toujours selon le porte-parole du PS (qui tenait ses informations du Canard enchaîné), le service de presse affirmait aux journalistes présents à bord du train que les deux hommes travaillaient dans une voiture en tête de train, et qu'ils seraient bientôt disponibles... Hum !

 

Un peu plus tard - alors même que je suis en train de poser une question effarante sur la TVA sociale - quelqu'un apporte une note à Benoît Hamon. Lequel me fait donc répéter, hélas pour moi (mais là n'est pas le sujet). Bref. Après m'avoir répondu (quand même), il se penche sur la feuille et commence à nous la résumer : il s'agit de "rappeler à Alain Juppé" la consommation moyenne d'un Falcon... Soudain, il s'arrête - lui qui vient à peine de commencer - et plie le papier en lançant à son auditoire : "Non, on va laisser tomber ça !"

Il valait mieux, oui. Autant l'indignation était justifiée, autant ce déballage de chiffres avait quelque chose de mesquin et d'assez hypocrite. Bon réflexe, M. Hamon !

 

par Aymeric publié dans : A plus d'un titre 1.0
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Vendredi 1 juin 2007

Le problème avec la télé-réalité, c'est que même si nous nous scandalisons encore, au fond, plus rien ne nous étonne. Et ce soir, nous en avons eu la preuve éclatante.

 

Depuis plusieurs jours, l'affaire montait : aux Pays-Bas, Endemol s'apprétait à produire une nouvelle émission qui dépassait tout ce qu'on avait jusqu'ici connu. Le pire du pire de la télé-poubelle... Un programme dont le concept était suffisamment repoussant pour que tout le monde s'élève. Contre, forcément.

Bref résumé. Dans "De Grote Donor Show" ("Le grand spectacle du donneur"), une femme condamnée par une tumeur au cerveau devait choisir entre trois candidats... celui auquel elle donnerait un rein après sa mort ! Pour l'aider, les téléspectateurs pouvaient voter par SMS.

Rien que du très bon goût, en somme... D'ailleurs (et là, c'est tout de même rassurant), nombreux sont ceux qui ont rejeté ce projet d'émission, à commencer par le Premier ministre néerlandais lui-même. Des associations ont également condamné le programme, et même l'argument de base de ses producteurs : attirer l'attention sur le problème des dons d'organes. Bon sujet, mauvaise idée.

 

C'était un canular. Et tout le monde a marché...

 

par Aymeric publié dans : A plus d'un titre 1.0
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