Il y a des jours où il ne fait pas bon être dans l’opposition. Pas parce qu’on n’est pas au gouvernement – c’est une chose entendue, les électeurs ont choisi, alors passe encore. Non, le pire, c’est qu’il faut s’exprimer. À chaque annonce importante, une horde de journalistes affamés vient réclamer une petite déclaration, un avis, une pique. Le problème, c’est que cette situation oblige parfois à dire un peu n’importe quoi.

Aujourd’hui est une de ces journées où le premier secrétaire du Parti socialiste doit regretter sa place. L’annonce du gouvernement de modèle "Fillon I" (Brevet déposé par Nicolas S., résidant au 55, rue du Faubourg Saint-Honoré, Paris VIII) est un événement pour lequel il convient de réagir. Aïe. Vite, des idées !
Première difficulté : la nomination de personnalités de gauche. On y va. Bernard Kouchner ? il sera exclu du PS. Eric Besson ? déjà exclu. Jean-Pierre Jouyet ? encore plus simple : il n’en faisait pas partie. Ouf ! Jusque là, ça va à peu près.
Deuxième point : la composition générale de l’équipe. Là, facile, François H. sait quoi dire : "Ils vont mener une politique de droite". Sans blague ?
Allez, encore une petite critique… "La diversité se réduit à la seule personne de Rachida Dati." Mais là, je m’insurge. Cher Monsieur H., j’ai une question à vous poser : certes, la diversité se limite à Rachida Dati, mais parmi les élites du Parti socialiste, elle est où, la diversité ?
J’en connais un qui a perdu une occasion de se taire.