Le repositionnement attendu de la gauche passera-t-il... par le centre ?
Durant l'entre-deux tours de l'élection présidentielle, François Bayrou a choisi d'affirmer son "indépendance" en annonçant qu'il ne voterait pas pour Nicolas Sarkozy, sans pour autant se prononcer en faveur de Ségolène Royal. Une stratégie cohérente pour lui, certes, mais qui a sonné la fin de son parti, l'UDF. Désormais, il doit reconstruire... Et c'est là qu'est le problème : comment ? avec qui ?
Le Béarnais a cru pouvoir rassembler en fondant le 10 mai le Mouvement démocrate. Succès mitigé, pour le moment, puisque les deux tiers de ses alliés à l'Assemblée nationale l'ont déjà abandonné.
Ralliés à la majorité présidentielle, regroupés autour du ministre de la Défense Hervé Morin, ils ont décidé de créer leur propre formation politique. On attendait le PSLE (Parti social libéral européen, vous m'en direz tant...), c'est finalement le "Nouveau centre" qui est né aujourd'hui. Aux législatives, ils comptent bien obtenir suffisamment de députés (il en faut vingt) pour constituer un groupe à l'Assemblée. D'ailleurs, ils espèrent décrocher entre vingt-cinq et trente fauteuils. L'ancien groupe UDF en comptait... vingt-neuf !
Si le Nouveau centre réussit son pari, François Bayrou aurait alors de plus en plus de mal à tenir sa ligne "ni, ni" entre le PS et l'UMP.
Débordé sur sa droite, le MoDem serait contraint de basculer définitivement dans l'opposition.
C'est d'ailleurs là qu'est tout le paradoxe et l'instabilité de la position de François Bayrou : après avoir redonné au centre une nouvelle vitalité pendant la campagne présidentielle, il pourrait bien le voir se reconstruire sans lui...
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