Ce matin, rue de Solférino à Paris (oui, au siège du Parti socialiste), se tenait le point presse quotidien. Ce qui n'a pas attiré les foules. Stéphane Pocrain, qui devait pourtant parler, n'est même pas venu - laissant Benoît Hamon, député européen et porte-parole de campagne, se débrouiller seul.
A l'ordre du jour (entre autres) : une protestation contre l'attitude médiatiquement répréhensible et écologiquement très douteuse du Premier ministre François Fillon et du "super-ministre" de l'Ecologie Alain Juppé. Benoît Hamon s'est en effet indigné que, pour inaugurer le TGV Est-Européen, et vanter au passage les avantages du train sur l'avion en matière de protection de l'environnement, les deux premiers numéros du gournement n'aient "rien trouvé de mieux" que de se rendre à Nancy... en Falcon !
Pendant de temps-là et pour ne rien arranger, toujours selon le porte-parole du PS (qui tenait ses informations du Canard enchaîné), le service de presse affirmait aux journalistes présents à bord du train que les deux hommes travaillaient dans une voiture en tête de train, et qu'ils seraient bientôt disponibles... Hum !
Un peu plus tard - alors même que je suis en train de poser une question effarante sur la TVA sociale - quelqu'un apporte une note à Benoît Hamon. Lequel me fait donc répéter, hélas pour moi (mais là n'est pas le sujet). Bref. Après m'avoir répondu (quand même), il se penche sur la feuille et commence à nous la résumer : il s'agit de "rappeler à Alain Juppé" la consommation moyenne d'un Falcon... Soudain, il s'arrête - lui qui vient à peine de commencer - et plie le papier en lançant à son auditoire : "Non, on va laisser tomber ça !"
Il valait mieux, oui. Autant l'indignation était justifiée, autant ce déballage de chiffres avait quelque chose de mesquin et d'assez hypocrite. Bon réflexe, M. Hamon !
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