Ils font presque de l'ombre aux résultats des élections législatives.
Hier soir, la droite a donc remporté la majorité absolue à l'Assemblée. Mais la gauche a réussi à résister en empêchant cette fameuse "vague bleue" qu'on nous promettait. Du coup, on a pu croire que tout le monde avait gagné... Tout le monde ? non, car il y a bien eu deux grands perdants.
D'abord, Alain Juppé. En n'étant pas élu député de sa circonscription, il se trouve contraint de démissionner de ce ministère aux compétences très élargies que Nicolas Sarkozy et François Fillon lui avaient confié. Cette défaite remet également en cause son retour en politique, qui semblait éclatant il y a un mois à peine. Certes, la mairie de Bordeaux est loin d'être un poste anecdotique, mais quel avenir gouvernemental pourrait-il avoir ?
L'ancien premier ministre doit certainement être bien amer, aujourd'hui. Il est la première victime de la "TVA sociale", ce projet confus qui a été si bien exploité par la gauche. Car si la droite est - un peu - sanctionnée de son refus de communiquer sur le sujet, et donc de le clarifier (j'en ai été témoin), Alain Juppé est, lui, directement victime de la mémoire des électeurs. En 1995, en effet, peu après sa nomination à Matignon, il rehaussait la TVA de deux points (la portant de 18,6% à 20,6% - Lionel Jospin l'a entre temps ramenée à 19,6%) et entraînait une augmentation des prix...
L'autre victime de ces élections n'est autre que François Hollande. Si les socialistes s'en sortent bien mieux qu'ils n'osaient même l'espérer, le premier secrétaire du parti est en bien mauvaise posture. Il était clair depuis quelque temps qu'il allait payer la défaite de Ségolène Royal à la présidentielle (il avait d'ailleurs annoncé qu'il ne se représenterait pas à la tête du PS)... mais depuis hier soir, l'ancienne candidate est devenue officiellement sa rivale.
En annonçant leur séparation (un secret de Polichinelle, bien sûr, mais cette annonce en pleine soirée électorale est un symbole très fort), celle qui a été pendant trente ans sa compagne l'a donc lâché. Et elle se lance désormais le plus officiellement du monde dans la course à sa succession.
Alain Juppé, François Hollande ; deux sacrifiés de ce second tour des législatives. Pas de lien logique entre ces deux revers, simplement un rapport temporel. Même coup dur...


Le Béarnais a cru pouvoir rassembler en fondant le 10 mai le Mouvement démocrate. Succès mitigé, pour le moment, puisque les deux tiers de ses alliés à l'Assemblée nationale l'ont déjà abandonné.

Vous aurez évidemment repéré le piège, puisqu'ils sont deux à le faire. A ma droite, Le Point, à ma gauche (enfin...), L'Express. La coïncidence est amusante, même si cette simplicité un peu solennelle était prévisible. D'accord, on ne peut pas tellement leur en vouloir, Nicolas Sarkozy vient d'être élu, le titre s'impose presque. On pourrait même leur reconnaître le bon goût de ne pas avoir titré "Sarkozy président", tout à fait juste du point de vue de l'information, mais qui sonne un peu trop "slogan" tout de même !




Sous-titres